29 June 2026
Demande de réponses concrètes aux préoccupations exprimées par des résidents de Griffintown

Lettre adressée à madame Véronique Fournier, Mairesse de l'arrondissement du Sud-Ouest de Montréal ; Copie à Madame Soraya Martinez Ferrada, Mairesse de Montréal

Madame la Mairesse,

Nous vous écrivons à la suite de la réunion d’information tenue au kiosque du parc du Bassin-à-Bois ayant eue lieu le 22 juin 2026 concernant l’avenir du parc des Eaux-Cachées.

Cette démarche ne prétend pas représenter toutes les opinions du quartier. Elle vise plutôt à vous transmettre, de manière structurée, des préoccupations revenues à plusieurs reprises dans les échanges entre résidents sur le groupe Facebook "Nous sommes des citoyens de Griffintown".

Nous avons apprécié la présence des agents publics ainsi que la vôtre lors de cette réunion. Plusieurs d’entre nous ont perçu cette rencontre comme une réponse directe aux inquiétudes exprimées ces derniers jours par des habitants du quartier. C’est une bonne chose, et nous souhaitons que ce dialogue puisse se poursuivre.

Cependant, beaucoup d’entre nous sont ressortis de cette rencontre avec le sentiment que plusieurs problèmes très concrets du quotidien restent sans réponse claire. Nous comprenons que certains dossiers relèvent de l’arrondissement, d’autres de la Ville de Montréal, du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral ou encore de promoteurs privés. Mais, pour les personnes qui vivent dans le quartier, ces distinctions de compétence ne changent pas la réalité vécue au quotidien.

Nous habitons Griffintown. Nous y marchons, nous y circulons, nous y élevons nos enfants, nous y travaillons, nous y faisons nos courses. Nous voyons les rues se dégrader, les trottoirs être abîmés, les déchets s’accumuler, les chantiers se multiplier, la circulation devenir plus difficile, certains espaces publics attendre pendant des années, et de nouveaux projets immobiliers se construire sans toujours donner le sentiment que la qualité de vie des résidents déjà présents est suffisamment prise en compte.

Nous demandons des réponses concrètes, un meilleur suivi et une gestion plus exigeante d’un quartier qui a déjà beaucoup contribué à la densification de Montréal.

1. Le parc des Eaux-Cachées

Nous souhaitons d’abord obtenir une confirmation claire de l’échéancier du parc des Eaux-Cachées. Les informations publiques de la Ville indiquent que le futur parc prendra forme entre les rues Ottawa, William, Saint-Thomas et du Séminaire, et que les travaux devraient débuter en 2027. Nous aimerions que cet échéancier soit confirmé par écrit et que les résidents soient informés régulièrement de son évolution.

D’ici le début des travaux, l’état du terrain et de ses abords demeure une préoccupation importante pour plusieurs d’entre nous. La présence de déchets, de verre brisé, de cônes abandonnés, de saleté et le manque général d’entretien du site sont régulièrement signalés. Ce terrain ne devrait pas rester dans cet état pendant encore plusieurs mois.

Nous avons bien entendu que la Ville ne souhaitait pas rouvrir le terrain comme stationnement temporaire, afin de ne pas créer de nouvelles habitudes. Nous pouvons comprendre cet argument. Toutefois, nous souhaitons qu’une solution transitoire soit étudiée, notamment l’ouverture partielle du terrain à des services de voitures en autopartage comme Communauto ou Léo. Cela permettrait de réduire la pression sur le stationnement dans les rues voisines, sans transformer le terrain en stationnement privé permanent.

Nous aimerions donc savoir si cette option peut être officiellement étudiée par l’arrondissement et les services concernés.

Nous aimerions également savoir quelles mesures concrètes seront prises, dès maintenant, pour assurer l’entretien du terrain et de ses abords jusqu’au début des travaux.

2. Le projet voisin du parc des Eaux-Cachées et l’Îlot William

Plusieurs d’entre nous sont préoccupés par le projet immobilier situé à proximité immédiate du futur parc des Eaux-Cachées, dans le triangle formé par les rues William, Saint-Thomas et Ottawa.

D’après les informations publiques que nous avons pu retrouver, ce site semble correspondre au projet généralement désigné comme l’Îlot William ou l’Îlot William par Tidan. Nous comprenons toutefois que les informations disponibles publiquement peuvent être incomplètes, anciennes ou différentes de la proposition actuellement à l’étude par la Ville.

C’est précisément pour cette raison que nous souhaitons obtenir une clarification officielle.

Nous aimerions savoir quel est le nom officiel du projet, qui en est le promoteur, quel est son état d’avancement, quelles hauteurs sont actuellement envisagées, quels usages sont prévus, quelle place sera donnée aux commerces de proximité, aux espaces ouverts au public, à la végétalisation, aux livraisons, aux débarcadères et à la gestion des déchets.

Nous ne sommes pas opposés au développement du quartier. Griffintown est déjà un quartier dense et vivant. Mais nous souhaitons que cette densification soit mieux encadrée et qu’elle bénéficie aussi aux personnes qui vivent déjà ici.

Un projet immobilier situé à côté d’un futur parc public ne devrait pas seulement ajouter des logements. Il devrait aussi améliorer la rue, contribuer à la vie de quartier, prévoir des commerces utiles, intégrer correctement les livraisons et les déchets, planter des arbres, créer des espaces agréables et respecter la qualité de vie des résidents.

Nous souhaitons aussi savoir comment les résidents seront informés et consultés sur ce projet, et à quel moment ils pourront formuler des commentaires ou propositions.

3. La propreté, les déchets et le recyclage

La propreté du quartier est devenue un sujet de préoccupation fréquent dans les échanges entre résidents. Dans plusieurs rues, la gestion des déchets et du recyclage semble insuffisante. Des conteneurs restent dans la rue, notamment sur Shannon et Ottawa. Autour de certains chantiers, les trottoirs sont sales, encombrés ou abîmés. Lorsqu’il pleut, la boue et la saleté se retrouvent régulièrement sur les trottoirs.

Ce n’est pas seulement une question d’esthétique. C’est une question de qualité de vie, de sécurité, de salubrité et de respect pour les personnes qui vivent dans le quartier.

Nous souhaitons savoir quelles mesures concrètes l’arrondissement compte mettre en place pour améliorer la propreté dans Griffintown, faire respecter les règles existantes et assurer un meilleur suivi des signalements faits par les résidents.

Nous souhaitons également savoir si l’arrondissement envisage de renforcer les exigences imposées aux immeubles existants et aux nouveaux projets en matière de gestion des déchets et du recyclage, afin d’éviter que ces problèmes soient reportés sur l’espace public.

4. Les chantiers, les rues et les trottoirs endommagés

Griffintown vit depuis des années au rythme des chantiers. Nous comprenons que le quartier se transforme, mais beaucoup d’entre nous ont le sentiment que cette transformation se fait trop souvent au détriment des rues, des trottoirs et des espaces publics.

Plusieurs secteurs sont abîmés, notamment autour de projets immobiliers comme Bāss 4 et Le Vittorio, ainsi que sur la rue des Bassins, la rue du Séminaire et les rues avoisinantes. Les trottoirs sont parfois endommagés, mal remis en état ou difficilement praticables.

Lors de la rencontre, il nous a été indiqué que les entrepreneurs peuvent être sanctionnés en fin de chantier s’ils ne remettent pas les lieux en état. Nous souhaitons toutefois comprendre comment ces contrôles sont effectués concrètement, quelles sanctions sont réellement appliquées, et comment les résidents peuvent signaler efficacement les dommages.

Nous demandons aussi que les promoteurs et entrepreneurs soient mieux encadrés pendant toute la durée des chantiers, et pas seulement au moment de la livraison finale.

Lorsqu’un trottoir est endommagé, lorsqu’une rue est salie par la boue, lorsqu’un accès est bloqué ou lorsqu’un chantier déborde sur l’espace public, les résidents ne devraient pas avoir à attendre la fin complète du chantier pour que des correctifs soient apportés.

5. La circulation, les livraisons et la sécurité des déplacements

La circulation est devenue de plus en plus difficile dans Griffintown. Plusieurs d’entre nous constatent que certaines rues semblent servir de plus en plus de voies de transit vers Wellington, Victoria ou d’autres axes. Des accès aux garages sont parfois bloqués. Les camions de livraison, de déménagement ou de chantier occupent souvent la rue ou les trottoirs, faute d’espaces prévus à cet effet.

Nous souhaitons que l’arrondissement aborde ces enjeux de manière globale. Il ne suffit pas de traiter chaque immeuble ou chaque rue séparément. Le quartier a besoin d’une vision d’ensemble pour la circulation, les livraisons, les débarcadères, les accès aux garages et l’apaisement de la circulation.

Plusieurs rues mériteraient selon nous une attention particulière, notamment Rioux, des Bassins, Richmond, Ottawa, Shannon et les rues autour des grands chantiers et des nouveaux immeubles.

Nous demandons également que les futurs projets immobiliers soient tenus de prévoir, dès leur conception, des espaces hors voirie pour les livraisons, les débarcadères, la gestion des déchets et les opérations courantes des immeubles. Ces besoins ne devraient pas être transférés aux résidents sous forme de camions arrêtés dans la rue, de trottoirs bloqués ou de circulation désorganisée.

Le fait que ces exigences puissent augmenter les coûts pour les promoteurs ne devrait pas justifier que les nuisances soient ensuite absorbées par les résidents et par l’espace public.

6. L’école primaire et les équipements publics

Le quartier accueille de plus en plus de familles. Pourtant, beaucoup d’entre nous ont le sentiment que les équipements publics ne suivent pas toujours la croissance démographique de Griffintown.

Nous souhaitons obtenir une mise à jour claire sur le projet d’école primaire prévu dans le secteur. Les informations publiques disponibles indiquent que le projet est actuellement mis sur pause, tout en précisant que le Centre de services scolaire de Montréal demeure favorable à sa réalisation.

Lors de la rencontre, il nous a été indiqué que le dossier était également lié à des démarches environnementales. Nous aimerions donc comprendre précisément où en est le projet, quels sont les blocages actuels, quel rôle jouent la Ville de Montréal, l’arrondissement, le Centre de services scolaire de Montréal, le ministère de l’Éducation et le ministère de l’Environnement, et quel échéancier réaliste peut être communiqué aux résidents.

Une école primaire n’est pas un luxe pour Griffintown. C’est un équipement essentiel pour un quartier qui accueille de plus en plus de familles.

Nous souhaitons également savoir comment les résidents seront informés de l’avancement de ce dossier, afin d’éviter que les informations circulent de manière fragmentaire, incertaine ou contradictoire.

7. Les arbres, la végétalisation et les aménagements paysagers

Plusieurs résidents ont signalé des arbres morts, un manque de plantations et des aménagements paysagers insuffisants devant certains projets immobiliers, notamment autour de Bāss 4, du Vittorio et d’autres immeubles récents du secteur.

Dans un quartier aussi minéral que Griffintown, chaque arbre compte. La végétalisation ne peut pas être traitée comme un élément secondaire ou décoratif. Elle est essentielle pour la qualité de vie, la lutte contre les îlots de chaleur et l’attractivité des rues.

Nous demandons que l’arrondissement fasse un inventaire des arbres morts ou manquants dans le secteur et communique un plan de remplacement et de plantation.

Nous demandons également que les promoteurs soient mieux suivis afin que les aménagements paysagers promis ou exigés soient réellement réalisés et entretenus. Trop souvent, les résidents ont le sentiment que les abords de certains projets restent minéraux, incomplets ou mal entretenus une fois les bâtiments livrés.

8. Le parc le long du canal, le Square Gallery et les autres espaces publics

Des dommages et un manque d’entretien ont également été signalés dans certains espaces publics récents, notamment le parc le long du canal. Nous souhaitons savoir quelles interventions sont prévues pour maintenir ces espaces en bon état.

Nous souhaitons également obtenir une mise à jour claire sur le réaménagement du Square Gallery, notamment sur le site de l’ancienne vespasienne située au 128 et 130 rue Murray.

Plusieurs d’entre nous ont entendu parler de projets de réaménagement, de restauration patrimoniale et d’intégration de cet espace au quartier, mais l’état réel du dossier demeure difficile à comprendre pour les résidents.

Nous aimerions savoir ce qui est officiellement prévu, quel est l’échéancier, qui est responsable du projet, quelles ententes existent avec les partenaires privés concernés, et comment les résidents seront informés de l’avancement du dossier.

Dans un quartier aussi dense, chaque espace public compte. Ces lieux doivent être livrés dans des délais raisonnables, entretenus correctement et expliqués clairement aux personnes qui vivent dans le quartier.

9. Les campements et les enjeux de sécurité, de salubrité et d’accompagnement social

Plusieurs résidents ont également signalé une présence croissante de campements et des enjeux associés de sécurité, de salubrité et d’accompagnement social.

Nous souhaitons que ce sujet soit traité avec sérieux, humanité et transparence. Il nous semble important de comprendre quelles interventions sont prévues par l’arrondissement, en coordination avec la Ville de Montréal et les organismes compétents, afin de répondre à la fois aux enjeux sociaux et aux préoccupations exprimées par les résidents.

Nous ne souhaitons pas que ce sujet soit abordé de manière simpliste. Nous demandons simplement que les résidents puissent comprendre ce qui est fait, par qui, avec quels moyens et dans quel délai.

10. Le besoin de transparence et de suivi

Au fond, ce qui revient le plus souvent dans les échanges, c’est le besoin de suivi. Trop souvent, nous avons le sentiment de signaler des problèmes sans savoir qui en est responsable, ce qui est prévu, quand une réponse arrivera ou même si le signalement a réellement été pris en compte.

Nous demandons donc une réponse écrite, structurée et concrète aux points soulevés dans cette lettre.

Pour chaque sujet, nous aimerions savoir qui est responsable, quelles actions sont prévues, quel échéancier est envisagé et quels blocages existent. Lorsque le sujet ne relève pas directement de l’arrondissement, nous souhaitons savoir quelles démarches l’arrondissement compte entreprendre auprès de la Ville de Montréal, du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral, des promoteurs ou des autres acteurs concernés.

Nous pensons qu’un tableau de suivi public, même simple, permettrait d’améliorer considérablement la relation entre les résidents et l’administration. Il permettrait de distinguer les dossiers en cours, les dossiers bloqués, les dossiers relevant d’un autre palier et les actions effectivement entreprises par l’arrondissement.

Madame la Mairesse, nous aimons Griffintown et nous voulons voir ce quartier réussir. Mais nous souhaitons aussi être entendus. La croissance rapide de Griffintown doit maintenant être accompagnée d’une gestion publique plus rigoureuse, plus transparente et plus attentive à la vie quotidienne des résidents.

Nous vous remercions par avance pour votre réponse écrite. Nous souhaitons pouvoir la partager avec les résidents intéressés afin de poursuivre un dialogue constructif, exigeant et utile entre les habitants de Griffintown et l’arrondissement.

Veuillez recevoir, Madame la Mairesse, nos salutations distinguées.

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signatures
  1. Victor Jacquet, Futur papa, habitant de Griffintown, Montréal
  2. Lyne-Marie Forget
  3. Sylvie Rochette, retraitée, Montreal
  4. André Mantha, Retraité, Montreal
  5. Lourenco Abreu, Movie supervisor, RodeoFx, Montreal
  6. Simon-Alexandre Rivière, Enseignant, CSSDM, Montréal
  7. Krystal ElHajj
  8. Magdalena Choneva
  9. Suzan K, Self employed, Montreal
  10. Irina Boldeanu
  11. Emmanuelle Bleytou