Lettre ouverte : Témoignage des artistes, compagnies, pédagogues, partenaires, spectateur·rices & participant·es de UP – Circus & Performing Arts (ex-Espace Catastrophe)
À l’attention de la Ministre de la Culture, du nouvel Organe d’Administration de UP – Circus & Performing Arts et de la presse.
En tant qu’artistes, pédagogues, partenaires, spectateur·rices, étudiant·es et participant·es qui avons traversé, grandi et œuvré dans les murs de l’Espace Catastrophe, devenu UP – Circus & Performing Arts en 2021, nous vivons ce moment présent avec une grande inquiétude.
Depuis plus de 30 ans, à travers ce projet, Catherine Magis et Benoît Litt portent une vision et une expertise rares dans les arts de la scène, et plus spécifiquement les arts du cirque. Nous les avons vus soutenir de jeunes collectifs quand personne ne les connaissait encore, ouvrir leurs portes à des artistes venus d’autres disciplines ou des quatre coins du monde, faire une place aux écritures atypiques ou inclusives, accompagner les compagnies émergentes comme les artistes de renommée internationale avec la même attention et la même exigence. Nous les avons vus défendre nos projets avec une passion animée et continuer de croire en des projets que d’autres jugeaient impossibles.
Ils ont continué jusqu'à ces dernières semaines à créer cet espace de confiance où des projets impossibles deviennent réalité. Ce travail phénoménal, indispensable pour les arts du cirque en Belgique comme à l’international, a existé grâce à des équipes engagées à leur côté qui ont porté de front des projets ambitieux.
Aujourd’hui, la situation dans laquelle Catherine et Benoît se trouvent nous trouble et nous questionne à plus d’un titre. Depuis plusieurs mois, un récit dominant s'est imposé autour de la crise de l'association : des accusations de management toxique envers les deux dirigeants, leur mise à l'écart et les tensions internes liées à la gouvernance. La réponse actuelle, marquée par des pressions envers les fondateurs, a créé un climat de très fortes tensions. Ce climat ne favorise ni la reprise du dialogue, ni une médiation qui pourrait apaiser les conflits et reconstruire une dynamique de travail plus saine et sereine.
Les récits de souffrances exprimés par d’ancien·nes collaborateur·ices sont réels, ont bien existé et doivent être entendus avec la plus grande attention. Catherine et Benoît ont eux-mêmes exprimé à plusieurs reprises le souhait d’un processus de médiation.
Nous espérons qu’un tel dialogue puisse s’ouvrir, car il nous semble que c’est le seul cadre capable de garantir la sécurité et la dignité de toutes les parties, afin que ce qui doit être réparé le soit dans un environnement apaisé.
Il nous semble urgent d'éviter la rupture immédiate et d'explorer ensemble d’autres voies possibles. Le monde culturel doit être un exemple de trouvailles et de propositions alternatives aux méthodes classiques de l’entreprenariat : la transmission douce, préparée, lente et robuste pourrait être une voie alternative à la rupture. Cela implique de réinventer une gouvernance partagée où l'expertise historique continue de servir l'institution, tout en s'inscrivant dans des modes de décision partagés, coopératifs et inclusifs.
À travers cette lettre ouverte, nous souhaitons proposer une piste qui permettrait d’unir les forces vives plutôt que de les diviser. Le monde de l'art a besoin de résilience et de modèles de coopération.