“Cinq ans après 2021, l’histoire se répète”
Onoz, le 9 juin 2026,
Cinq ans après les inondations de 2021, nos villages ont de nouveau été frappés. Cinq ans plus tard, les mêmes rues ont été submergées, les mêmes caves inondées, les mêmes familles touchées. Et une question s’impose : comment est-il possible qu’aucune mesure concrète n’ait été prise entre-temps ?
Nous nous voyons contraints de prendre la plume aujourd’hui pour exprimer une incompréhension profonde, mêlée d’inquiétude et de lassitude. Car malgré les promesses, malgré les constats, malgré les rapports, rien de concret n’a été entrepris pour protéger durablement nos beaux villages.
Une absence d’actions qui interroge
Nous ne comprenons pas comment, après un événement aussi traumatisant, aucune étude hydrologique sérieuse n’a été menée pour analyser les causes locales des débordements. Nous ne comprenons pas pourquoi aucun fossé n’a été recreusé, aucune reprise d’eau n’a été aménagée, aucun bassin d’orage n’a été planifié, aucune haie anti-ruissellement n’a été plantée, alors que ces mesures sont connues, documentées, et appliquées dans d’autres communes.
Nous ne comprenons pas comment, cinq ans plus tard, nous en sommes toujours au même point, à espérer que la météo nous épargne.
Un sentiment d’abandon partagé
Ce qui domine aujourd’hui, c’est un sentiment d’abandon. Non pas parce que rien n’a été dit, mais parce que rien n’a été fait.
Les habitants ont pris en charge la remise en état de leurs habitations : réparations structurelles, remplacement des équipements, assainissement des caves et des sols. Ils ont supporté des coûts importants, parfois non couverts par les assurances. Ils ont dû gérer les démarches administratives, les expertises, les procédures de remboursement, ainsi que les délais associés. Ils ont également dû faire face aux conséquences psychologiques, logistiques et familiales liées à la perte de biens, au relogement temporaire et à l’incertitude. Ils ont assumé l’ensemble de leurs responsabilités.
Ils ont fait leur part, entièrement, courageusement, et parfois au prix de leur santé.
Mais les autorités, elles, semblent avoir laissé le dossier s’enliser. Aucune vision. Aucun calendrier. Aucun chantier. Aucune communication claire.
Et aujourd’hui, les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Des solutions existent, mais restent ignorées
Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons des mesures simples, connues, efficaces :
• Entretien régulier des égouts et filets d’eau
• Étude hydrologique locale pour comprendre les flux d’eau et les points critiques.
• Recreusement des fossés pour rétablir les écoulements naturels.
• Création de bassins d’orage pour absorber les pics de ruissellement.
• Plantation de haies et bandes enherbées pour ralentir l’eau en amont.
• Concertation réelle avec les habitants pour co-construire les solutions.
Ces mesures ne sont ni révolutionnaires, ni hors de portée. Elles sont simplement urgentes.
Nous demandons des actes, pas des discours
Aujourd’hui, nous ne voulons plus de promesses. Nous voulons que les autorités prennent enfin la mesure de la situation. Nous voulons que notre sécurité ne dépende plus du hasard météorologique.
Pour que 2021 et 2026 ne se reproduisent plus
Cette lettre n’est pas un reproche gratuit. C’est un appel. Un appel à la responsabilité, à la cohérence, à la prévention. Un appel pour que nos villages ne revivent plus ce que nous avons vécu en 2021. Nous ne voulons plus revivre ce que nous venons de vivre en 2026.
Nous voulons des mesures, pas des déclarations.
Enfin, de façon plus globale, nous demandons aussi un engagement beaucoup plus fort pour lutter contre les changements climatiques causés par l’activité humaine, qui provoquent les dérèglements que nous vivons aujourd’hui partout dans le monde. À tous les niveaux de pouvoir, il est urgent d’accélérer les transitions écologiques afin de réduire les coûts économiques, mais aussi les impacts sociaux et humains liés aux mesures d’adaptation. C’est indispensable si nous voulons transmettre à nos enfants des territoires résilients et capables de faire face aux défis à venir.
C’est l’ensemble de nos territoires qui crie son urgence.
Car avec le dérèglement climatique, ne rien faire, c’est accepter que cela recommence.
Respectueusement,
Les habitants d’Onoz, Balâtre et Saint-Martin
Avec le soutien solidaire des citoyens et communes voisines